Culture Dub – L’Histoire du Dub de ses origines à nos jours – Épisode #14

AlexDub, activiste de la scène Dub depuis les années 90’s, vous partage en plusieurs parties sa passion pour l’Histoire du Dub de la Jamaïque des années 60’s jusqu’à aujourd’hui… « Culture Dub, L’Histoire du Dub de ses origines à nos jours » . Épisode #14 – 1ère Partie : les Racines du Dub en Jamaïque (1967-1980) – Une histoire de producteurs et d’ingénieurs du son ! (part.8 : Lee Scratch Perry)

Culture Dub - L'Histoire du Dub de ses origines à nos jours
Culture Dub – L’Histoire du Dub de ses origines à nos jours

 

 

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1ère Partie : les racines du dub en Jamaïque (1967-1980)

3) Une histoire de producteurs et d’ingénieurs du son (part.7 – suite)

The Mighty Two - No Bones for the Dogs
The Mighty Two – No Bones for the Dogs

Pour découvrir les excellentes versions dub des années 74 à 79 mixées au Joe Gibbs Recording Studio par Errol ‘ET’ Thompson, le label Pressure Sounds sort en 2002 l’album « No Bones For The Dogs – Dubs from The Mighty Two » , jeu de mot en rapport au 45t de Peter Tosh produit par Joe Gibbs en 1971 ‘Maga Dog’. Pete Holdsworth réunit sur ce très beau 33t 18 dubs de versions chantées par Alton Ellis, Culture, Dennis Brown, des Heptones, de Sylford Walker, de Junior Byles et même une version Dub du morceau ‘Hypocrites’ des Wailing Wailers accompagnée par le deejay Trinity.

Joe Gibbs - Earthquake Dub
Joe Gibbs – Earthquake Dub

Joe Gibbs et Ossie Hibbert co-produiront tous les deux à la fin des années 70 le premier album au style « Stepper Dub », du nom de « Earthquake Dub » avec le batteur Sly Dunbar et le bassiste Lloyd Parks. Le son de cet opus est très proche des deux premiers chapitres de la série « African Dub« . Ce 33 tours est très apprécié de la jeunesse rasta du ghetto pour son rythme militant qui avec sa basse à faire trembler le sol fait penser à une marche sur « Babylon » (représentation de l’état oppresseur pour les rastas).

Au début des années 80, Joe Gibbs et Errol ‘ET’ Thompson, les Mighty Two, continuent de produire les nouveaux artistes de la période Dancehall comme Don Carlos, Sammy Dread, Barry Brown ou encore Barrington Levy et Eek-A-Mouse.

Joe Gibbs se retire de la musique après une sombre histoire de droits qu’il n’a pas payé et qui le leste d’une bonne partie des gains amassés durant toutes ces années. Errol ‘ET’ Thompson est à l’origine de nombreux Dubs de Bob Marley & The Wailers avant de décéder en 2004, il est l’un des premiers expérimentateurs du Dub, a inspiré l’avenir de ce style représenté par ses amis Niney The Observer et surtout par l’explorateur, l’aventurier, le très énervé  Lee Scratch Perry.

4 Lee Scratch Perry : le berger du Dub !

Lee Scratch Perry
Lee Scratch Perry

 

Que vous soyez passionnés de musiques électroniques, de Ragga, de Jungle, de Reggae ou de Dub ou encore Dj’s, ingénieurs du son, âgés de 7 à 77 ans, n’avez-vous jamais entendu parler de ce génie de la création musicale ?

Lee Scratch Perry  laisse son nom ainsi que des morceaux d’anthologie dans l’histoire de la musique jamaïcaine mais aussi internationale. Il est un des pionniers du Reggae et du Dub, un des seuls acteurs de la fin des années 50 à toujours œuvrer de nos jours.

Il enregistre Max Roméo, Junior Murvin, The Congos et bien sur Bob Marley and The Wailers en Jamaïque. Lee Perry évolue musicalement avec son temps, il voyage avec le Dub et c’est tout naturellement qu’on le retrouve dans les années 80 sur la scène anglaise avec Mad Professor ou Dub Syndicate et dans les années 90 avec des groupes Reggae Dub de la scène française.

Lee Scratch Perry un ovni du monde musical !

Lee Scratch Perry
Lee Scratch Perry

 

Contrairement aux autres ingénieurs du son comme King Tubby, Errol ‘ET’ ThompsonSylvan Morris, Lee Perry n’a pas une formation d’électronicien mais produira les albums de Dub les plus déjantés, les plus révolutionnaires dans son arche noire, le Black Ark Studio.

Il est simultanément animateur de Sound System, découvreur de talents, auteur de chanson, producteur, puis compositeur de rythmique, musicien et enfin ingénieur du son. Pour comprendre le génie de Lee Scratch Perry ainsi que l’aventure du Dub, il est primordial de découvrir le parcours musical de cette personnalité des plus importantes du  Reggae.

De Little Lee à Lee Scratch Perry

Lee Perry
Lee Perry

Lee Perry est né Rainford Hugh Perry en 1936 dans la ville de Kendal dans la province reculée de Hanover au nord-ouest de la Jamaïque. Issu d’une famille  pauvre, il arrête l’école très jeune pour devenir conducteur de Bulldozer sur les chantiers. Il fréquente assidûment les soirées Sound Systems après le travail où il se fait très vite repérer grâce à ses pas de danse sur les sélections Rythm & Blues.

Le jeune Perry veut devenir producteur alors dans le milieu des années 50 il débarque à Kingston où il est embauché par Sir Coxsone Dodd comme sélecteur au sein du Downbeat Sound System. On le surnomme Little Lee (étant donné sa taille) et se charge d’espionner les autres Sound Systems pour découvrir les nouveaux morceaux qui déchaînent les pistes de danse et en informe son patron Clément Dodd. Nous sommes en pleine période du Ska et la guerre musicale entre les 3 Sound Systems dominant la scène jamaïcaine (le Trojan Sound System de Duke Reid, King Edwards the Giant de Vincent Edwards et bien sur le Downbeat Sound de Coxsone) est à son plus fort.

Quand Clément Dodd créé son label Studio One et commence à enregistrer de nombreux artistes, Lee Perry reste à ses côtés et se voit confier de nouvelles responsabilités. Il cherche de nouveaux talents, auditionne les chanteurs dans le magasin de Coxsone sur Orange Street et écrit même des chansons pour certain d’entre eux. Quand il en a l’occasion Little Lee rentre en studio et enregistre ses propres compositions qui sortent sur les différents labels de Dodd.

Lee Perry - Chiken Scratch
Lee Perry – Chiken Scratch

Son 1er titre s’appelle ‘Chicken Scratch’, nom d’une danse qu’il adore (celle ou l’on fléchit les jambes et les deux genoux font des cercles tout en remuant les épaules) et lui donne son surnom Lee Scrath Perry. Il écrit des paroles pour clasher – provoquer – ses concurrents dans les soirées où il anime avec ferveur le Downbeat Sound System.  A l’ouverture de Studio One au 33 Brendford Road et jusqu’au départ de Prince Buster (alors à la console) en 1964 il continue de faire passer un grand nombre d’auditions et laisse leur chance à de nombreux artistes qui lui seront reconnaissant plus tard en enregistrant pour lui.  En 1965 il devient superviseur des sessions d’enregistrements et passe parfois derrière la console du studio.

Lee participe grandement aux succès du Studio 1 de Sir Coxsone Dodd et dirige un grand nombre d’artistes dont The Wailers, les Soulettes, Delroy Wilson et The Gaylads. Lee Perry enregistre en 66 des morceaux sur les relations homme-femme, aux paroles dites « slackness » – sexuelles – aux doux noms de ‘Roast Duck’, ‘The Woodman’ où ‘Pussy Galore’ où il y parle de ses préoccupations du moment. Les rythmiques sont  jouées par les Skatalites et on retrouve cette période de Lee Perry compilée sur l’album « Chicken Scratch » édité par Heartbeat en 1986 et réédité en 2008.

Il s’expérimente aux machines et déjà reprend certaine versions instrumentales des enregistrements réalisés par d’autres artistes comme les Wailers  et les re-mixe en y ajoutant sa voix comme le titre ‘Rub A Squeeze’ qui vient du morceau ‘Put It On’. Lee Scratch Perry est un acharné de travail, il passe la quasi-totalité de son temps entre les sessions de studio, où il s’essaie à des manipulations musicales comme passer les voix à l’envers sur les rythmiques (effet reverse),  et les pistes de danses qu’il anime avec ferveur. A cette période Scratch se passionne pour le mysticisme de la communauté Afro-Protestantes jamaïcaine et ses rythmes et prières pratiqués par les membres de la secte Pocomania.

Lee Perry
Lee Perry

Perry découvre les rituels de magie noire jamaïcains – Obeah – pratiquée par la communauté de la nouvelle génération des immigrés africains. Il écoute aussi pendant de longues heures, en compagnie de Prince Buster, les rastas du quartier de Trench Town jouer des rythmes africains Burru au tambour. Il s’enrichit culturellement et tous ces éléments font partis de ses sources d’inspirations pour l’écriture de ses morceaux et dans sa façon de les mixer.

Mais à l’apogée de Studio One, Lee Scratch Perry reproche à Sir Clément Coxsone Dodd de profiter de lui, de ne pas le payer en proportion du travail effectué, mais aussi de ne pas produire ses chansons (Coxsone n’aime pas la voix de Perry et lui reconnaît aucun talent de chanteur). Un jour de 1966, après cinq années d’apprentissage et de découvertes,  il claque la porte du 33 Bendford Road.

Avec le carnet d’adresse remplit lors de son passage à Studio One il travaille avec d’autres producteurs comme Bunny Lee, Sir J.J. Johnson, Clancy Eccles et bien sur avec Joe Gibbs. Ce dernier embauche Perry en 1967 pour superviser les sessions de studios du groupe de Lynn Tait pour son label Amalgamated. Scratch écrit le morceau ‘I Am The Upsetter’ (Je suis l’emmerdeur), accueilli avec grand succès par le public jamaïcain, pour exprimer son mécontentement envers Coxsone, et créé son propre label du même nom The Upsetter.

Lee Perry - I'm The Upsetter
Lee Perry – I’m The Upsetter

 

On se retrouve prochainement dans « Culture Dub, L’histoire du Dub de ses origines à nos jours »  avec l’Épisode #15 : 1ère Partie : les Racines du Dub en Jamaïque (1967-1980) – Une histoire de producteurs et d’ingénieurs du son ! (part.9)

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Big Up,
AlexDub

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